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Épiphanie ou Jour des rois ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur cette tradition…

L’Épiphanie est un amalgame de traditions interprétées et transformées au fil des siècles. Réjouissance chrétienne célébrant la visite des Mages à l’enfant Jésus, le 6 janvier est surtout connu comme le « Jour des rois », où la galette partagée contient
la fève qui désigne le roi de la fête.

L’origine

Religieuse et païenne, l’origine de la fête des Rois est chargée de légendes. Des saturnales antiques, des saintes écritures, des coutumes médiévales, il nous reste aujourd’hui l’occasion savoureuse de se retrouver en famille pour tirer les rois.

Au début de l’ère chrétienne, l’Épiphanie orientale commémorait l’ensemble des manifestations du Christ. L’Occident, qui ne célébrait que sa naissance, adopta cette fête au IVe siècle et la consacra à l’adoration des Mages. Cet épisode de l’Évangile de Matthieu nous apprend que ceux-ci vinrent, guidés par une étoile, rendre hommage au nouveau-né de Bethléem, les bras chargés d’or, de myrrhe et d’encens. Mais rien n’indique qu’ils furent rois et encore moins qu’ils furent trois. En fait, les détails de ce récit ont été aménagés par un clergé médiéval très imaginatif. Melchior, Gaspard et Balthazar n’apparaissent en effet qu’au IXe siècle. C’est enfin pour d’obscures raisons de solstice et de lunaison que le concordat de 1801 arrêta le 6 janvier pour fêter l’Épiphanie. La date est pratique puisque douze jours la séparent de Noël. Douze jours que les paysans assimilaient aux douze mois de la nouvelle année. Le temps qu’il faisait chacun de ces jours leur permettait de prédire la météo des mois à venir…

La fête des Rois évoque par ailleurs les saturnales, manifestations romaines du « monde à l’envers ». Ces réjouissances de fin d’année permettaient aux esclaves de banqueter à l’égal de leurs maîtres. Sous l’Ancien Régime, le dessert de l’Épiphanie fut baptisé « galette des rois » car ce jour tombait en période de taxes féodales et il était d’usage d’en offrir une à son seigneur. D’ailleurs, « avoir de la galette » ne signifie-t-il pas être riche ?

Une fève très convoitée

La galette des rois est une pâte ronde et sucrée, briochée ou feuilletée. En Provence la version briochée est garnie de fruits confits, la feuilletée, fourrée d’une crème d’amande appelée frangipane.
La fève qu’elle dissimule possède, elle aussi, une origine mystérieuse. Certains considèrent qu’elle symbolise l’embryon, promesse d’une vie nouvelle. D’autres évoquent le jeton de vote utilisé pendant les saturnales pour élire le roi du festin.

Du haricot sec à la figurine rehaussée d’or fin, la fève prend les formes les plus diverses et constitue un véritable objet de collection pour les « fabophiles ». La fève naturelle ne fut remplacée par un petit objet de porcelaine qu’en 1870, avant d’être moulée dans du plastique ou de la céramique.

À l’heure du dessert, la coutume veut que le plus jeune des convives se glisse sous la table pour attribuer les parts du gâteau. Le chanceux qui trouve la fève est coiffé d’une couronne dorée et peut choisir sa reine (ou son roi) dans l’assistance. Ce monarque d’un jour peut alors profiter de son sacre, mais c’est aussi lui qui offrira la prochaine galette.

Texte / C. Brun – Photos / ©Adobe Stock

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