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Festival de Gavarnie Fol Hidalgo !

Pour sa 34e édition, le Festival de Gavarnie s’attaque à un véritable monument de la littérature espagnole : le Don Quichotte de Miguel de Cervantes. C’est au jeune metteur en scène Frédéric Garcès qu’est revenue la tâche délicate d’adapter ce roman fleuve pour la scène… Les premières répétitions de la pièce laissent supposer qu’il y est parvenu avec un certain brio.

« Don Quichotte est-il fou ? » s’interroge Frédéric Garcès. « Non. Pour moi c’est un audacieux qui décide de manière un peu burlesque de déterminer précisément ce qu’est sa vie, et de se sentir libre… » Libre, effectivement il l’est, l’hidalgo espagnol : chevalier errant par choix, il a épousé l’existence d’un justicier qui estime lui-même les causes qui lui semblent devoir être défendues, quand bien même celles-ci n’existeraient que dans les méandres de son esprit embrumé. Il ne prête allégeance qu’à la belle Dulcinée, à qui il promet un amour éternel et platonique. Bien que délirant, il se reconnecte, dans une époque raisonnable et rationnelle qui s’est débarrassée de l’imaginaire médiéval, à un système de valeurs héroïques qui, péripétie après péripétie, semble prouver sa supériorité morale sur celui de ses pairs. Pour cette raison, Don Quichotte serait un modèle, et Frédéric Garcès, dans sa pièce, a voulu le poser comme tel. Il l’est pour le brave Sancho Panza qui l’accompagne dans ses aventures ; il l’est, naturellement, pour le spectateur, qui a peut-être tout intérêt à intégrer le « grain de folie » de Don Quichotte s’il veut réenchanter son existence. Frédéric Garcès : « Il y a des histoires qui commencent par «il était une fois » ; Don Quichotte commencerait par « il est temps » : il est temps de vivre. La folie est peut-être la seule chose valable qui demeure dans notre monde désabusé ». Quant au reste : peut-être est-il utile de faire savoir à ceux qui n’ont jamais fréquenté le festival qu’il se tient chaque année dans l’époustouflant cadre naturel du cirque de Gavarnie, ce qui est, bien entendu, une plus-value. On pourrait dire qu’il s’agit d’un spectacle dans un spectacle, celui fabriqué par l’esprit de l’homme enveloppé dans celui offert par la nature environnante ; c’est d’ailleurs cette particularité qui fait du festival de Gavarnie un événement nationalement reconnu. Mais c’est bien l’essence du roman de Don Quichotte, parfaitement saisie par Frédéric Garcès, qui en fait un rendez-vous immanquable parmi les propositions culturelles de cet été. Pour tous ceux qui attendent du théâtre qu’il ne soit pas un simple divertissement, mais quelque chose de nature à bouleverser les consciences…

Festival de Gavarnie

Du jeudi 25 juillet au mardi 6 août, 21h

www.festival-gavarnie.com

Texte : Joseph C. Lacour

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