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Récup’Actions 65 L’humain d’abord !

« Nous sommes une association œuvrant professionnellement pour l’insertion par l’activité économique ». En une seule phrase de Ghislaine Taffary, présidente de Récup’Actions 65, l’essentiel est exprimé. Mais ce qui n’est pas dit, en revanche, c’est l’incroyable profusion d’activités que mène, de front, l’association. On va essayer de vous en donner un aperçu, mais n’attendez pas de nous que nous soyons complètement exhaustifs…

… une double-page n’y suffirait pas ! De la collecte de déchets valorisables à la vente de livres, en passant par la braderie d’objets de seconde main, le repassage et la retouche de linges pour les particuliers et les professionnels, la réparation d’appareils électriques et électroniques, la livraison de légumes frais aux collectivités du département, le transport des briques de lait Blanc des Hautes-Pyrénées vers les grandes et moyennes surfaces qui les proposent à leurs clients… Si dans Récup’Actions 65, il y a le mot « Actions », ce n’est certes pas immérité. Mais quelle est la finalité, au juste, de toutes les « actions » conduites par cette structure ? Pour le découvrir, nous sommes allé à la rencontre de Julien Nigon, son directeur, et Ghislaine Taffary, sa présidente.

Explication

Lesquels nous ont dûment renseigné : le premier but de Récup’Actions 65, ce n’est pas tant de s’étendre en empire de la récupération d’objets de toutes sortes que de servir le bien commun, que de s’imposer au niveau départemental par son utilité sociale… L’organisation, en effet, est une structure d’insertion : si elle existe, c’est pour proposer une activité rémunérée à des personnes durablement éloignées de l’emploi, tout en les formant et les accompagnant vers un retour dans le giron d’entreprises « classiques ». « Notre rôle, précise Julien Nigon, c’est de lever les freins à l’embauche, qu’ils soient de nature sociale, familiale, culturelle (la langue, notamment, est une barrière importante !) ou qu’ils aient trait tout simplement à la mobilité. Pour cela, nous accueillons des salariés en Contrat à Durée Déterminée d’Insertion (CDDI) d’une durée de 6 mois, renouvelables trois fois ». Récup’Actions 65, pour ce faire, est conventionnée par l’État, subventionné par lui et par le Département des Hautes-Pyrénées, et dispose de cinq « ateliers chantiers d’insertion » ; c’est au sein de ces ateliers que les quelque 170 salariés en CDDI qu’accueille par an la structure reprennent pied dans le monde du travail.

Transition

Vous l’aurez compris, à Récup’Actions 65, on ne fait qu’un passage… « C’est une première marche vers l’emploi » explicite Julien Nigon, à quoi l’on se doit d’ajouter que, pour la franchir, cette première marche, le salarié en insertion dispose d’un environnement particulièrement aidant. Accompagné dans son travail par un ou plusieurs encadrants techniques, eux-mêmes bien souvent titulaires d’un diplôme de formateur, le salarié trouve, dans les ressources qui sont mises à sa disposition, des armes pour s’insérer dans le secteur marchand classique, et se redécouvre une utilité sociale par le travail. « Il devient un maillon de la chaîne du projet de revalorisation des différents matériaux et objets que nous collectons. Sa mission, dans le cadre des questionnements liés au développement durable, est plus que centrale. Il apprend chez Récup’Actions 65 un métier qui a du sens… »

Action

On vous l’a dit en tête de cet article, on ne pourra pas vous lister toutes les activités qu’entreprend Récup’Actions 65… Celles-ci sont liées principalement à la récupération d’objets, à leur valorisation et à leur transport. Ainsi, Récup’Actions 65 collecte, recycle et réemploie des objets aussi divers que petits et gros appareils électroménagers, livres, bibelots, meubles, cartons, papier, textiles, etc. Pour le grand public, l’association est liée d’abord à son site de l’Arsenal (Tarbes), où se trouve la Recyclerie des Forges, grand hangar de revente d’objets de seconde main où l’on peut flâner, chiner, et, naturellement, déposer ce dont on n’a plus besoin. Les rats de bibliothèques, quant à eux, connaissent sans doute la librairie Récup’Livres située près de la gare de Tarbes : il y est vendu 50 000 livres par an, classiques de la littérature et ouvrages contemporains, l’endroit (qui va bientôt déménager dans un local attenant, plus grand et plus adapté) disposant d’un fonds vraiment très complet et intéressant. Sachez aussi que l’association dispose d’un atelier de repassage et de retouches de vêtements, extrêmement actif (7 000 chemises repassées en 2019 !), et d’un centre de stockage d’appareils électriques et électroniques, installé à Bazet.

Comment conclure ?

Peut-être en vous disant que le Mag, en se promenant dans les différents ateliers de Récup’Actions 65, a surtout été affecté par le sentiment que s’y déploie une belle et forte aventure humaine. Il faut saluer le travail de la vingtaine de permanents de l’association (ainsi que celui de la quinzaine de bénévoles constituant son conseil administration), qui œuvrent, eux-aussi, à la valorisation – non pas des objets et des matériaux – mais des hommes et des femmes qui transitent par la structure. Ils donnent collectivement un sens à ce beau mot de « fraternité » qui frappe les frontons de nos mairies, leur utilité consistant à rendre à d’autres le sentiment d’être, à leur tour, utiles. Comment conclure ? En leur adressant notre reconnaissance, peut-être, tout simplement. Pour ce que vous faites, membres à n’importe quel titre de Recup’Actions 65, un simple mot : merci.

Texte et photos / Joseph C.Lacour

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