Terroir & Traditions : La chasse dans le 65

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À l’occasion de l’ouverture de la chasse, nous avons discuté avec Jean-Marc Delcasso, président de la Fédération départementale des Chasseurs des Hautes-Pyrénées. Interview.

La chasse est un sujet qui déchaîne les passions. Il y a les pour, les contre, les très pour, les très contre, et le dialogue est malheureusement parfois difficile. Prenons du recul : Quel est le rôle de la chasse dans le 65 ? Comment contribue-t-elle à l’équilibre de notre environnement ?

Quelle est l’ampleur des dégâts causés par les sangliers ?

C’est un mal national, pour ne pas dire européen ou mondial. En France, les dégâts représentent 100 millions d’euros par an. Dans notre département, entre la prévention (machines, clôtures, remise en état des prairies…) et les dédommagements payés aux agriculteurs, cela coûte environ 500 000 € par an. C’est payé avec l’argent des chasseurs, et ça représente 30 % du budget de la fédération.

Combien de sangliers sont tués par an, dans le 65 ?

Depuis deux ans, on en prélève 6000 par an. On était à 4500, mais j’ai demandé aux chasseurs de faire un effort. Ça devrait commencer à porter ses fruits : 90 % des dégâts sont causés par les sangliers. Plus on en prélève, mieux on se porte.

De quelle manière la chasse participe-t-elle à la protection de la biodiversité ?

Une fédération de chasse est agréée au titre d’association de protection de la nature. On a énormément de missions en la matière. Nous faisons par exemple de la réouverture de milieux, souvent avec des conventions avec du pastoralisme, car ça ne sert à rien de girobroyer une lande en montagne s’il faut y revenir dans deux ou trois ans. On fait revenir de la pelouse, des herbes, un milieu favorable aux espèces domestiques qui entretiennent ces réouvertures. On fait aussi des plantations de haies ; nous avons également organisé une campagne pour recenser les mares et les sources afin de les restaurer, car sans eau, il n’y a pas de biodiversité.

Comment faire cohabiter les chasseurs, les agriculteurs, les randonneurs et les autres usagers de la nature ?

En communiquant. En passant des conventions. Par exemple, j’ai signé une convention il y a deux ans avec une association pédestre départementale : ils nous signalent leurs grandes randos, et on fait en sorte de suspendre la chasse. C’est une entente. On a beaucoup travaillé sur la sécurité, et le nombre d’accidents de chasse s’est réduit à peau de chagrin. Le dernier accident mortel dans le département date de 2005 : c’était ma première année de présidence, j’ai pris des mesures draconiennes, j’ai juré de ne plus jamais connaître ça. J’ai rendu le port du gilet fluo obligatoire, on a aménagé les territoires, mis en place des miradors…

Quels sont les principaux défis de la chasse dans les Hautes-Pyrénées ?

Le grand défi va être la gestion des dégâts, puis agir sur la biodiversité. L’année prochaine, nous allons faire une implantation d’isards sur le Bassia de Hèches. Il y a aussi un énorme projet qui verra prochainement le jour : nous sommes en train de mettre en place un atelier de transformation et de découpe de venaison (cerf, sanglier, chevreuil…). Dès le printemps prochain, on va réussir à mettre dans l’assiette du consommateur de la venaison des Hautes-Pyrénées.

Merci, Jean-Marc !

 

 

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