Close
0
  • Bigorre Mag - Béarn Mag

De Montréal à Bagnères, Leila et les changements du monde

Le travail se réinvente, la société et le monde bougent. Novatrice dans le département, l’association Tiers-Lieux en Bigorre (TLB) accueille activités économiques et culturelles dans une ancienne usine et n’en déplaise aux plus sceptiques, connaît un véritable essor. A sa coordination, une jeune femme récemment installée à Bagnères, après une expérience quasi-similaire au Québec. 

Leïla c’est la force tranquille, la faculté d’exposer calmement les choses avec conviction, un café à la main. Fédératrice et magnanime, c’est tout naturellement qu’elle a pris son poste au TLB il y a 10 mois, comme animatrice et coordinatrice : « J’ai rencontré l’association en 2016 et connu Bagnères à ce moment-là. Après 8 ans au Québec et deux enfants, nous cherchions avec mon compagnon un lieu participatif, avons sillonné la campagne ». Pour se poser à Bagnères, prendre part « aux changements de demain, aux mouvements du monde ». Le Québec, elle en parlerait des heures. Partie à 23 ans après des études en sociologie et en économie sociale et solidaire, Leïla Brener est attirée par la neige et « le bon côté américain, l’entreprenariat au sens large. J’ai obtenu le statut de résidente puis un permis de travail. Et de fil en aiguille, je suis devenue citoyenne ». Durant 5 ans, elle est adjointe à la coordination pour la Table de concertation communautaire de la Pointe Saint-Charles, ancien quartier ouvrier de Montréal et véritable laboratoire social. Dans ce milieu communautaire bouillonnant, les organisations citoyennes innovent dans le domaine de la santé et de l’éducation, on y trouve même un centre social autogéré dans lequel Leïla s’implique activement. Son meilleur souvenir, « avoir récupéré le bâtiment 7 pour en faire un centre de service pour le quartier », une réalisation emportée de haute lutte.

230 adhérents au tiers-lieu, 800 personnes à l’infolettre 

Avec le TLB, la jeune femme retrouve cette énergie émanant de citoyens aux parcours variés, « un lieu qui se réinvente tous les jours par des collaborations fortuites, un projet stimulant avec pour but, le développement du territoire ». Son job, tisser le lien social, mêler les pratiques et les disciplines. Pas de grosse révolution en vue, plutôt de petits projets mis bout à bout : « Le TLB n’est pas subventionné. Dans la précarité on est obligés d’innover, de se prendre en charge ». Cet été, l’achat de La Câblerie* par des adhérents sympathisants et des coopérateurs, constitués en SAS, ouvre d’autres possibles : « On prévoit de se mettre aux normes ERP, ce sera un degré supérieur de développement. Nous aimerions faire de l’accélération de projets, développer le lien avec la paysannerie, accueillir davantage de structures ressources dans le domaine de l’emploi et du monde associatif, travailler avec les métiers de l’écoconstruction. Le TLB sera ce que nous en ferons collectivement ». Pour l’heure, Leïla intègre les projets sans s’écarter de l’essentiel : mettre en pratique de nouveaux modèles, écrire l’avenir à plusieurs. * La Câblerie est le lieu physique accueillant les activités du TLB. Tiers-Lieux en Bigorre La Câblerie, ZA Soulé 33, avenue Général Leclerc à Bagnères-de-Bigorre Tél. 07 69 92 15 23 contact@tierslieuxenbigorre.org www.tierslieuxenbigorre.org  

Quoi de neuf en 2018 ? 

Le Tiers-Lieux en Bigorre (TLB) est une association créée en 2015, « qui met à disposition des espaces mutualisés, favorise l’émergence d’initiatives économiques, sociales, culturelles et environnementales ». En 2016, l’association a élu domicile à La Câblerie, dans une ancienne usine de câbles. Actuellement, le TLB héberge à La Câblerie divers acteurs ou « coopérateurs » impliqués dans le projet : un garage associatif (Le Cardan), une microbrasserie (Les Brasseurs de l’Adour), des artisans créateurs, des travailleurs indépendants, deux espaces d’expression corporelle, l’association Recyclo Loco et le Repair Café, des espaces de travail partagés (coworking nomade ou fixe, assemblée générale, débat…). Le co-working se développe et accueille depuis septembre Manon (La Cactée qui caquette, balades et activités nature), l’association Haut-Adour Génération, Cédric (informaticien) et le magazine Respyr. A savoir, les tarifs pour l’utilisation des espaces de travail partagés sont consultables sur le site web, « volontairement bas pour aider à la création d’entreprise, développer les activités ». En contrepartie, les coopérateurs sont invités à participer à la vie de l’association et au bon fonctionnement du lieu.

Le TLB a son café associatif 

Il se nomme le Café des possibles. Populaire, ouvert à tous et à toutes initiatives au coeur de La Câblerie, cet espace de convivialité permet au quotidien de rassembler et de communiquer entre usagers, utilisateurs, adhérents et Bagnérais (repas partagé tous les jeudis midi). Le TLB recherche des bénévoles pour y tenir des permanences.

Related Posts