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  • Bigorre Mag - Béarn Mag

Economie en Béarn Reprise, es-tu là ?

Avec la décrue importante de l’épidémie de Covid-19, l’intérêt des Français s’est progressivement déporté du chapitre sanitaire au chapitre economique.
Alors qu’on annonce une baisse du PIB extrêmement significative (probablement -15% au second trimestre 2020), une question s’impose : avec le déconfinement, la reprise économique est-elle au rendez-vous ?

Il est difficile de savoir exactement ce qu’il en est, et il faudra quelques mois de recul avant que d’obtenir les indicateurs permettant de caractériser cette reprise. La Chambre de Commerce et d’Industrie Pau Béarn, auprès de laquelle nous avons pris renseignement, engage actuellement un travail d’analyse. Nous nous entretiendrons, à ce sujet, avec son président dans notre numéro de septembre. Mais en attendant l’on peut déjà, en recueillant certains témoignages, obtenir un premier diagnostic de la relance économique en Béarn…

11 mai 2020 : tout redémarre

Le 11 mai 2020, tout le monde, chez les commerçants, retient son souffle : le déconfinement étant proclamé, les clients seront-ils au rendez-vous ? Verdict en fin de journée : la réouverture des commerces n’a pas provoqué de mouvements de foule manifestes. Certes, il y avait un peu de monde, mais pas autant qu’espéré en ce jour hautement symbolique. Il faut dire que le temps n’était pas vraiment de la partie…

Qui est «in» ?

Certains, pourtant, ne se plaignent pas : c’est le cas par exemple des coiffeurs et des esthéticiens, pris d’assaut dès la reprise. Si aucun d’entre eux, en Béarn, n’a ouvert, comme dans d’autres endroits en France, le 11 mai à minuit et une minute, il est en revanche certain que dès le matin ils n’ont pas chômé : il est vrai qu’après des semaines chez soi, un petit rafraîchissement pouvait s’avérer nécessaire. De leur côté, les bars, déconfinés dès le 2 juin, ont fait une réouverture triomphale ! Les terrasses étaient, le premier soir, noires de monde. Le mouvement s’est depuis ralenti, et l’on saura bientôt si les débits de boissons et les restaurants continueront à susciter, sur le long terme, un engouement post-covid…

Le « monde d’après »

La reprise, certes, mais dans quelle direction ? On a beaucoup entendu, pendant la période du confinement, l’expression « monde d’après », et l’on s’est perdu en conjectures… Les Français, et parmi eux, les Béarnais, ont-ils profité de cette étrange « parenthèse » pour réfléchir, notamment, à leur mode de consommation ? Certains indicateurs semblent le prouver, à l’instar de la fréquentation accrue des enseignes proposant du « circuit court » et du « produit localement » (nous vous renvoyons d’ailleurs au publi-reportage que nous avons réalisé, dans ce numéro, sur les magasins Ferm’Envie), ou à l’exemple des ventes de livres, qui dans pratiquement toutes les librairies, se portent bien…

Dématérialisé

Mais de mauvaises habitudes ont aussi été prises (mauvaises dans le sens où elles nuisent au commerce local) : les plates-formes de vente numérique Amazon et Alibaba ont été fortement sollicitées pendant le confinement. Était-ce la résultante d’un simple effet d’aubaine ? Les commerces de proximité réouverts, ceux qui ont fait cette année leur premier achat « on line » reviendront-ils dans le giron du « monde réel » ? A ce sujet, il y a beaucoup de questions, et peu de réponses… Une alternative à ce gigantesque commerce mondialisé, détenu par quelques firmes titanesques, serait évidemment la constitution de petites « marketplaces » en local : les drives lancés pendant le confinement par un certain nombre de magasins béarnais, d’ailleurs, continuent d’attirer un grand nombre de clients. Cela pourrait être ça, le « monde d’après » : non pas le refus des outils numériques, mais leur utilisation pour mettre en valeur et pour défendre les producteurs régionaux, au nom d’une économie plus solidaire, plus écologique, plus éthique, plus juste… Reste à voir si le citoyen post-Covid, qui a démontré son esprit d’entraide pendant l’épidémie, gardera au cœur le sentiment qui l’animait lorsqu’il espérait que le monde tirerait des leçons du coronavirus. Et de cela, on ne pourra être certain que d’ici quelques mois… Gardons d’ici là espoir, et également cette citation du philosophe Gaston Berger, particulièrement à-propos : « Demain est moins à découvrir qu’à inventer. » A bon entendeur, salut !

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