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Expo : Archipel oublié Les cervidés se cachent pour mourir…

Au Carmel, on n’a pas fini de parler des animaux ! Le lieu d’exposition tarbais fait la part belle, depuis plusieurs expositions successives, à nos amis les bêtes, et le Mag s’était déjà improvisé critique en évoquant dans ses colonnes le travail du peintre et sculpteur Pierre Fauret. Mais entrons, si vous le voulez bien, dans cet Archipel oublié, brillante réunion d’artistes et d’œuvres généreusement prêtées par les Abattoirs. Musée – FRAC Occitanie Toulouse…

Hallali

Curieusement, et même si le projet pré-existait aux circonstances immédiatement actuelles, on ne peut s’empêcher de penser en pénétrant dans l’Archipel oublié que l’exposition promène dans son arche des problématiques défrayant sérieusement la chronique de ces dernières semaines : les deux chevreuils chromés de Myriam Mechita, pendus par le cou sous un portique, font furieusement écho à l’affaire du cerf de Compiègne, et au débat sur la chasse à courre qui y est associé. Le fait que les animaux soient par ailleurs privés de leurs oreilles est particulièrement dérangeant au regard des mutilations de chevaux qui horrifient la France depuis quelques mois maintenant. Passez-nous l’expression, mais le Carmel, par un heureux hasard de calendrier, vise juste.

Se rappeler de l’oublié

Il faut saluer aussi, dans l’Archipel oublié, la mise en valeur de la peinture, notamment celle issue du courant de la figuration narrative. Quelle est belle cette série de girafes de Carmelo Zagari, et combien leur port est altier et élégant ! Deux grandes lithographies de Gilles Aillaud, sans doute plus discrètes que le reste parce que moins colorées, valent clairement que l’on s’intéresse à elles. Notre coup de cœur demeurant sans doute le tigre de Jacques Monory (habituellement plus connu pour ses scènes inspirées du polar), peint dans un dégradé de rouge virant vers le sombre…

Dans l’œil de la girafe…

On citera également quelques curiosités naturelles d’une vielle collection, regroupant notamment de gigantesques dents de mégalodon, espèce éteinte il y a quelques millions d’années. A l’heure où WWF publie un rapport annonçant la chute brutale des populations terrestres de vertébrés, cela sonne comme une invitation à réfléchir. Dans le faciès énigmatique des girafes qui observent le visiteur, on sent comme un peu d’amusement : homo sapiens aurait-il oublié que sa survie dépendait, elle aussi, de l’environnement qui l’abrite et le nourrit ? Espérons, pour les girafes et pour nos congénères, qu’il ne s’en rappelle pas trop tard.

Exposition
Archipel oublié

Au Carmel à Tarbes
Jusqu’au 31 octobre

www.tarbes.fr

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