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Jean-Bernard Casenave Président de la Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule

Ils ont tenu le choc pendant le confinement, présents sans relâche et dans le respect des gestes «barrière», fournissant aux plus démunis de quoi se nourrir dans les temps difficiles, mobilisant leurs forces pour subvenir aux besoins alimentaires des plus précaires… 

Avec de nombreuses autres associations en Béarn et en Soule, la Banque Alimentaire ne réunit en son sein que des héros (!), et, au Mag, on voulait
leur rendre hommage ! Nous avons donc sollicité un entretien auprès de
Jean-Bernard Casenave, Président, depuis 2017, de la Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule, association appartenant au réseau national des 79 Banques Alimentaires de France. Il nous a reçu dans un énorme entrepôt qui vibrait comme une ruche du travail des bénévoles et des 4 salariés en contrat aidé,
qui partout, s’affairaient. Retranscription d’une interview
qui nous a fait chaud au cœur…

Première question, très simple : les missions de la Banque Alimentaire, c’est quoi au juste ?

Les missions de la Banque Alimentaire, comme votre question, elles sont simples : notre rôle est de collecter (de «ramasser» dans notre jargon !) des denrées alimentaires, puis de les mettre à disposition d’associations partenaires. En Béarn et en Soule, les 37 associations avec lesquelles nous œuvrons appartiennent soit à des réseaux nationaux, comme le Secours Populaire, la Croix-Rouge ou le Secours Catholique, soit à des «collectifs locaux», créés généralement dans les communes autour des municipalités et des CCAS. A charge ensuite à ces associations de distribuer auprès de celles et ceux qui sont dans le besoin les produits alimentaires que nous leur fournissons…

Vous êtes une sorte de «plate-forme solidaire», en somme… Quelle est la quantité de denrées que vous voyez transiter chaque année ?

Pour 2019, 1300 tonnes. Plus de la moitié de nos produits viennent de la grande distribution locale, et ceux-là sont généralement des produits frais. Vous avez peut-être vu en arrivant nos camions frigorifiques ? Ils tournent depuis ce matin dans les grandes et moyennes surfaces et ramènent des produits qui sont presque toujours à date courte de péremption, et qui sont dans la matinée récupérés pour être dans la journée distribués aux associations partenaires.

Si plus de la moitié de vos produits viennent de la grande distribution, d’où arrivent les autres ?

Déjà, il faut savoir que nous avons deux circuits de produits : celui que l’on nomme le «frais» et celui que l’on nomme le «sec». Dans le frais, vous avez la crèmerie, les fruits, les légumes, les plats cuisinés, le pain, etc… : tous ces produits viennent essentiellement des «ramasses» que nous organisons quotidiennement dans la grande et moyenne distribution locale. Dans le sec, vous trouvez tout ce qui est à longue conservation : conserves, pâtes, riz, café, etc… Là, les origines sont plus variées : dotations européennes, dotations de l’Etat français, et bien sûr produits de la collecte que nous faisons tous les ans en novembre auprès des clients des supermarchés ! Des entreprises agro-alimentaires du département (elles se reconnaîtront) nous livrent également des denrées, et le fonds de dotation MESA (Mouvement des Entreprises pour une Solidarité Alimentaire regroupant 120 entreprises du territoire) présidé par Christian Hière nous apporte un soutien financier plus que nécessaire.

La crise que nous traversons a-t-elle changé quelque chose à votre activité ?

Oh oui. Nous avons dû faire face, pendant le confinement, à un accroissement significatif de la demande de la part de publics nouveaux. Dans le même temps, les associations ont réorienté leur activité vers la mise à disposition de produits secs, sous forme de «musettes» demandant moins de manipulation. Nous avons donc beaucoup puisé dans nos réserves de «sec». Fort heureusement, la réponse de l’Etat et des collectivités a été à la hauteur de cet accroissement des besoins en solidarité alimentaire. Après le déconfinement, la situation s’est stabilisée, sans doute grâce aux mesures d’urgence prises par le gouvernement, mais depuis le 15 septembre nos associations partenaires nous alertent sur le nombre de «demandeurs» repartant à la hausse. Cette situation nous inquiète, et il est urgent que nous reconstituions aujourd’hui nos stocks, mais il nous faut aussi «recruter» de nouveaux bénévoles, à la Banque Alimentaire bien sûr mais aussi dans toutes les associations partenaires.

Justement : pour vous aider, que peut-on faire ?

Déjà relayer, comme vous le faites et je vous en remercie, l’importance qu’il y a de soutenir les trente-sept associations qui sont nos partenaires ! Notre responsabilité, à la Banque Alimentaire, c’est de servir tous leurs bénéficiaires, y compris les nouveaux… A nous, pour cela, de convaincre encore de nouvelles enseignes de la grande distribution de travailler avec nous ! Il faut que tout le monde sache aussi que l’on a besoin de bénévoles, ceux qui forment le cœur battant de la Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule : déjà 170 personnes nous aident, mais le travail ne manque pas ! Enfin, et c’est peut-être le point le plus important : la collecte que nous allons organiser en novembre auprès des clients des supermarchés est sans doute la plus nécessaire de ces dernières années. Nous allons devoir faire face à un afflux de la demande. C’est une certitude même si je suis aujourd’hui incapable d’en mesurer l’intensité. Nos stocks sont aujourd’hui suffisants pour tenir cinq ou six mois, grâce aux aides que nous venons de recevoir, mais pas davantage. Cette collecte, nous n’avons pas d’autre choix que de la réussir ! La générosité, elle a été rendez-vous jusqu’à aujourd’hui. On espère vraiment, à la Banque Alimentaire, qu’elle sera là en novembre, au moment de la collecte nationale où nous aurons encore plus besoin de cette générosité pour nous mais surtout pour toutes les associations partenaires. Mais je suis par nature optimiste. Je sais qu’à la Banque Alimentaire du Béarn et de la Soule et au sein des associations partenaires, «C’EST IMPOSSIBLE» est banni de notre langage. Donc nous réussirons tous ensemble cette collecte 2020.

Contact : bancalim-640@wanadoo.fr

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