

Le dernier livre de Jean-Paul Abadie raconte une histoire tout à fait singulière : lancé à la recherche de l’une de ses ancêtres, l’écrivain a mené une véritable enquête policière.
Jean-Paul est originaire de Campistrous. Il a écrit plusieurs ouvrages sur les Pyrénées, livrant à chaque fois un gros travail de documentation. Cette fois, ses recherches l’ont emmené loin, très loin, de l’autre côté du globe : cap sur le continent américain à la recherche de Marceline !
Les Bigourdans connaissent bien Jean-Paul : ses ouvrages ont été largement diffusés dans nos contrées, et même au-delà. En 2016 sortait son premier livre, Les Hautes-Pyrénées de mes grands-parents, suivi en 2017 d’un ouvrage titré Le sport dans les Pyrénées de mes grands-parents. En 2021, il emprunte le virage de l’auto-édition et publie Jean le dernier paysan face aux Pyrénées, puis Au pas de Jean et de ses vaches Gasconnes des Pyrénées en 2023. Fin 2025, il récidive avec l’étonnant Si loin des Pyrénées, Baptistine Marceline et ses rêves d’Amérique, véritable enquête digne des policiers les plus zélés. Tous ces ouvrages ont un point commun ; avez-vous deviné lequel ? Oui : les Pyrénées. Notre homme est un passionné, tout simplement.
La passion de l’écriture anime Jean-Paul depuis toujours. Il a collaboré, en parallèle de sa carrière dans l’expertise environnementale, avec de nombreuses revues françaises et internationales : Cheval Magazine, Atlas, Grands Reportages, Évasion… etc. Il a également fondé l’ABAU, l’Association Bigorre Argentine Uruguay (dont il fut le premier Président), avec laquelle il a entrepris des recherches généalogiques sur les descendants d’émigrés bigourdans du XIXe siècle. Ce travail associatif a permis d’établir des liens solides entre la Bigorre et ces pays du continent sud-américain, ainsi que d’apporter, sur place, des aides de natures diverses aux enfants.
Le dernier ouvrage de Jean-Paul est, comme lui-même, ancré dans le territoire : « Je tiens à faire travailler les gens des Hautes-Pyrénées ; depuis que je fonctionne en auto-édition, mes livres sont 100 % Bigorre : ils sont tous édités chez Conseil Imprime, à Tarbes. J’ai le souci de les faire produire ici : on n’est pas plus bêtes qu’ailleurs ! (rires) ». Ça, le Mag vous le confirme !
Lorsque Jean-Paul a commencé son arbre généalogique en 1973, il s’est rapidement heurté à un mystère : « Marceline, née en 1868, était une inconnue : je ne connaissais que sa date de naissance et son nom. J’ai cherché ce qu’elle était devenue, mais dans ma famille, personne ne le savait ». À cette époque, Internet n’existe pas, et ce type de recherche est particulièrement périlleux : « J’ai fouillé les états civils, les registres religieux ; j’ai trouvé son baptême, mais rien de plus ». En posant des questions à ses proches, il entend vaguement parler d’une « cousine d’Amérique » : « En 1984, je suis parti aux États-Unis. En fouillant les microfilms de la bibliothèque de La Nouvelle-Orléans, j’ai trouvé plein de Bigourdans qui avaient émigré là-bas, mais aucune trace de Marceline ». Il rentre en France un peu déçu, mais pas découragé pour autant, et continue de chercher : « Un jour, dans mon grenier, je trouve un petit papier poussiéreux qui ressemblait à un acte notarié : visiblement, Marceline s’était proposée à émigrer, mais je ne savais pas où. Je suis donc allé voir un ami notaire, à Lannemezan, pour chercher un acte plus complet ».
Dans le sous-sol de l’étude notariale, Jean-Paul se retrouve face à un énorme tas de vieux papiers : « J’ai commencé à chercher, à trier par dates… ». Après une journée infructueuse passée au milieu des toiles d’araignées, il rentre bredouille, mais il ne s’avoue pas vaincu : « J’y retourne quelque temps plus tard, et je tombe sur un registre qui parlait de Marceline : elle avait émigré en Argentine ! ». C’est la surprise : alors que Jean-Paul cherchait du côté des USA, il ne se doutait pas que Marceline était en Amérique latine ! D’un coup, l’enquête prend une toute nouvelle tournure : dorénavant, il sait de quel côté chercher. Il n’est pourtant pas au bout de ses peines, ni de ses surprises, mais n’en disons pas plus : pour savoir comment il a enfin retrouvé Marceline, il faudra vous plonger dans ce livre aussi passionnant qu’étonnant. Vous y trouverez notamment des infos sur la vie rurale du XVIIe siècle, sur les raisons de l’émigration, et vous découvrirez toutes les étapes de cette recherche insolite… Passionnant, vous dit-on !
Si loin des Pyrénées, Baptistine Marceline et ses rêves d’Amérique est disponible dans différents points de vente du département, ou auprès de l’auteur au 06 83 87 01 57.