

Nos informateurs sont formels : ils l’ont vu fureter à plusieurs reprises du côté de Payolle. Qui ? Le dahu, bien sûr !
Cela fait maintenant plusieurs années que le Mag traque cet animal mythique. Cette fois, c’est du sérieux : selon toute vraisemblance, il hanterait les alentours des granges de la Hosse. N’écoutant que son courage, la rédaction se met immédiatement en route.
En arrivant aux abords du parking de Payolle, nous baissons le volume de la radio pour ne pas effrayer la fameuse bestiole mythologique. Sans un bruit, on s’équipe le plus légèrement possible afin de garder une bonne liberté de mouvement : on ne sait pas comment les choses peuvent tourner. L’appareil photo est armé (merci Yannick), les raquettes sont attachées aux sacs pour pouvoir progresser dans la poudreuse. La tension est palpable. La neige, tombée en abondance, absorbe tous les bruits : on n’entend rien d’autre que les battements de notre palpitant qui bat la chamade sous l’effet de l’émotion. Une goutte de sueur perle sur notre front anxieux et tombe en silence dans le manteau neigeux. Go.
Le froid mord notre visage crispé par l’inquiétude. Les cinq sens aux abois, nous avançons vers la Hourquette d’Ancizan. En traversant le pont qui enjambe le ruisseau d’Artigou, la tension monte d’un cran : nous voilà à découvert. L’animal pourrait en profiter pour surgir de nulle part et nous sauter dessus, attiré par l’odeur de notre sandwich au jambon caché au fond du sac. Ne traînons pas. Plus on monte, plus il y a de neige, et plus l’angoisse nous provoque des sueurs froides. Serrons les dents : nous avons toujours su que le métier de rédacteur était risqué, ce n’est pas le moment de flancher. Courage ! Le vent hurle en s’engouffrant à travers les branches des pins dégarnis… à moins que ce ne soit le cri de la bête qui nous avertit de ne pas l’approcher davantage ?
Soudain, c’est le choc : devant nous, dans la poudreuse, des traces de pattes effrayantes. Nous en sommes sûrs : le dahu est proche ! Nous arrivons courageusement aux granges de la Hosse ; là, harassés par le stress, nous nous accordons une pause au soleil. Ne sortons pas nos sandwichs ! L’odeur du pâté risquerait d’attirer la bête légendaire. Épuisés nerveusement, nous décidons de rentrer en passant par les bois. La neige est si épaisse que l’on chausse les raquettes. Toujours pas de dahu… En regardant les photos des traces prises un peu plus tôt, on se demande finalement si ce n’est pas plutôt un renard ou un chevreuil, puis on s’aperçoit qu’en réalité, on n’y connaît rien du tout en traces de pattes. Ah ! Voici le lac ! Il est gelé et silencieux ; contrairement à ce qu’on redoutait, nulle trace de dahu en train de faire du patin à glace. À bout de forces, nous gagnons la voiture, et là, c’est l’horreur : il y a des traces de pattes très bizarres devant la portière ! Cette fois c’est sûr, c’est le monstre ! Il a tenté de nous voler notre bolide pendant qu’on le cherchait dans les bois ! Nous rentrons la trouille au ventre, puis on se réfugie sous la couette en claquant des dents de terreur. Conclusion ? Cette balade est très sympa à faire hiver comme été, mais le Mag vous en conjure : soyez prudents !
