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Michèle Gouazé Présidente du Secours populaire des Hautes-Pyrénées

Le 30 septembre dernier, le Secours populaire partageait avec la presse française un sondage Ipsos sans ambiguïté sur la situation de la précarité et de la misère en France. Avec la crise sanitaire, les difficultés à pouvoir «vivre dignement» se sont, comme il fallait s’y attendre, considérablement accrues. Les associations s’emploient certes à aider ceux qui font appel à elles, mais l’avenir à moyen-terme s’annonce tendu. 

Pour discuter de tout cela, nous sommes allé voir Michèle Gouazé, secrétaire générale faisant fonction de présidente du Secours populaire des Hautes-Pyrénées depuis 2012. On a eu de sa part confirmation : la situation de la Bigorre n’est pas plus enviable que celles d’autres départements en France…

Le Secours Pop’ est probablement une des associations françaises les plus connues dans le domaine de la solidarité offerte à ceux qui en ont besoin… On sait que l’on peut, chez vous, déposer ou acheter des vêtements, que l’on peut y trouver une aide alimentaire, que l’on peut y espérer de l’aide et du soutien. On est bon pour les missions ?

Vous savez, les missions du Secours populaire, c’est avant tout d’offrir un accueil inconditionnel à ceux qui viennent nous voir, quelle que soit leur situation. L’aide que nous apportons, elle concerne tous les domaines, que ce soit au niveau de l’urgence ou du coup de pouce pour les personnes en difficulté. Nous sommes représentés partout en France, mais nous avons aussi une action à l’international, et ici et dans le monde nous portons les mêmes valeurs : aider ceux qui en ont le plus besoin, en mettant toujours l’accent sur le respect et la dignité des personnes, et la tolérance. Nous sommes une association loi 1901, pas caritative mais humanitaire : les principes qui font loi chez nous, ce sont ceux que nous tirons de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Et nous faisons tout ce que nous pouvons, avec les forces que nous avons, pour défendre ces grands principes.

Le sondage que vous avez commandé chez Ipsos a fait grand bruit dans la presse nationale. La situation, en France, semble assez critique. Qu’en est-il de celle des Hautes-Pyrénées ?

Le Secours populaire lance sa campagne Pauvreté / Précarité, et a commandé effectivement, à l’occasion de cette campagne, un sondage. Les conclusions de celui-ci, c’est que la pauvreté, partout dans le monde, gagne du terrain. En France, 9 millions de personnes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, c’est un million de plus qu’il y a un an. Dans les Hautes-­Pyrénées, nous ne pouvons vous présenter encore que les chiffres de 2019, mais ceux-ci sont, je crois, éloquents : l’an dernier, le Secours populaire a aidé 2758 familles, soit 5660 personnes. C’est déjà beaucoup, mais c’est sans doute peu en comparaison des chiffres que nous attendons pour 2020. Pendant le confinement, le Secours populaire, qui est toujours resté ouvert, a vu affluer des familles que l’on avait encore jamais rencontrées, envoyées souvent par les Assistantes Sociales du département. Rien que par ce canal-là, c’est 170 familles (311 personnes) supplémentaires que l’on a accueillies. Heureusement, la générosité a été au rendez-vous, notamment de la part des restaurateurs et des grands magasins, et c’est un paradoxe : nous avons eu de la nourriture de meilleure qualité au plus fort de la crise du Covid que celle que nous pouvons proposer d’habitude !

Une augmentation des demandeurs d’aide pendant le confinement, donc.
Et aujourd’hui, on en est où ?

Après le déconfinement, la situation s’est un peu détendue, elle recommence aujourd’hui à se tendre. Le nombre de bénéficiaires remonte à la hausse, et nous sommes inquiets des profils de nouveaux demandeurs : il y a parmi eux des jeunes gens, des étudiants, et même des travailleurs qui n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leur famille ! La crise nous a enseigné deux choses : d’une part que l’alimentaire restait le volet le plus important de notre action, d’autre part que la situation sanitaire avait accru de beaucoup la fracture numérique. Les devoirs à la maison, c’est bien, mais il faut les imprimer, et une imprimante ça coûte cher ! On a pallié comme on a pu, et on entend renforcer nos interventions dans le domaine…

Dernière question : comment
peut-on vous aider ?

D’abord en faisant connaître notre action. Ici, nous aidons ceux qui viennent nous voir dans énormément de domaines ! L’alimentaire bien sûr, mais aussi l’habillement, l’aide aux devoirs pour les enfants, l’apprentissage de la langue, l’assistance pour les démarches administratives, l’accès aux droits, l’accès aux vacances, l’accès à la culture… Nous avons des bénévoles qui sont spécialement formés pour l’accueil de nos bénéficiaires, et qui sont là pour comprendre leurs besoins. Bien sûr, et par ailleurs, les dons de particuliers sont une manne substantielle qui nous permet de poursuivre nos activités quelles qu’elles soient. Enfin, il faut bien rappeler que le Secours populaire travaille majoritairement avec des bénévoles : nous avons toujours besoin de bras ! Que vous ayez une spécialité, que vous n’en ayez pas, vous pouvez aider ! Et nous serons ravi de vous accueillir parmi nous, parmi nos bénévoles qui viennent de tous milieux sociaux et de tous horizons. On finit sur une bonne nouvelle ? Le sondage que nous avons commandé nous permet de savoir que 78% des jeunes, aujourd’hui, ont envie de s’engager pour aider les démunis. Ils sont déjà nombreux à avoir rejoint nos rangs pendant le confinement. Que l’on s’unisse, tous : aujourd’hui plus qu’hier, ce dont nous avons besoin, c’est de solidarité !

Secours populaire français
des Hautes-Pyrénées

www.secourspopulaire.fr

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