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Thierry Aumage Directeur Académique des Hautes-Pyrénées

Drôle de rentrée que celle attendant les élèves du département en cette année 2020 ! Quand les plus grands d’entre eux seront masqués, on s’inquiète surtout, au Mag, de ceux qui auraient pu profiter du confinement du printemps pour s’éloigner de leurs cahiers et de leurs manuels. Parce que l’on avait besoin d’être rassuré, nous avons sollicité un rendez-vous auprès de M. Thierry Aumage, Directeur de l’Inspection Académique des Hautes-Pyrénées depuis 2017. Son opinion nous a semblé claire : si la rentrée 2020 ne sera pas comme les autres, il n’y a pas non plus de raisons de paniquer…

A la rentrée, le port du masque sera donc obligatoire pour les plus de
11 ans. Cette nouvelle mesure, qui a fait réagir certains parents, est-elle compatible avec une reprise sereine ?

Je voudrais commencer par rappeler que, concernant la situation que nous rencontrons, le ministère a publié très tôt : dès le 27 juillet un protocole sanitaire a été communiqué sur la base de ce qui était recommandé par le Conseil National Scientifique. Le 20 août dernier, le ministre Jean-Michel Blanquer a expliqué qu’il convenait de renforcer légèrement un certain nombre de mesures, dont le port du masque au-delà de l’âge de 11 ans, renfort lié à l’évolution de la situation sanitaire. Ces mesures sont prises non pas en fonction de la décision du ministre, mais en fonction du contexte national, du contexte épidémique, des recommandations du Conseil National Scientifique et, évidemment, des décisions du Ministère de la Santé. Côté Education Nationale, nous sommes parfaitement prêts à en assurer l’application.Nous conservons en réserve aujourd’hui suffisamment de masques pour équiper sans problème, encore plusieurs semaines, les personnels des écoles, des collèges et des lycées, ainsi que tous les élèves dont les parents le souhaiteraient parce qu’ils n’ont pas eu le temps de s’organiser ou pour des raisons financières. Le département avait par ailleurs équipé les collégiens de masques réutilisables lavables en plusieurs exemplaires au moment du déconfinement, et la présidente de la Région va renforcer la dotation qui avait été faite pour les lycéens. Le port du masque ne sera donc pas à mon sens, dans les Hautes-Pyrénées, une vraie difficulté.

Il y a peu de temps, le Président du Conseil Scientifique a déclaré que des contaminations en milieu scolaire étaient probables dans les semaines à venir, évoquant même des «classes-clusters» ou des «écoles-clusters». Sommes nous prêts dans les Hautes-Pyrénées à faire face à une situation de ce genre si elle se présente ? Des tests sont-ils prêts à l’emploi ? Les dispositifs sont-ils en place ?

D’abord, maintenant, on a de l’expérience : aux mois de mai et juin, déjà, nous avons eu des signalements, nous avons rencontré des situations où des membres du personnel ou des élèves présentaient des symptômes. Lorsqu’un tel cas survenait, un test était réalisé, qui dans l’immense majorité des cas était négatif. Nous sommes prêts à cela. Vous savez, l’école n’est pas un lieu différent des autres lieux, sinon par l’âge de la population : les mesures qui s’appliquent dans les établissements scolaires, en cas de suspiscion de contamination, sont les mêmes que partout ailleurs. Si quelqu’un, à l’école, se signale ou est signalé, il bénéficiera bien entendu d’un test comme tout citoyen, avant que d’éventuelles mesures de quarantaines localisées s’imposent.

Imaginons la possibilité d’un reconfinement : a-t-on tiré les leçons du premier confinement ? Sommes-nous prêts à envisager une année scolaire qui pourrait partiellement se tenir à la maison ?

Je crois que, lors du confinement, le personnel de l’Éducation Nationale a démontré sa capacité de mobilisation. La situation, par ailleurs, n’est plus la même : le centre national d’enseignement à distance a par exemple développé des outils qui ont déjà été utilisés au printemps, les classes virtuelles, dont on a poursuivi encore le perfectionnement. Le Ministre a annoncé la semaine dernière qu’il envisageait équiper d’ordinateur les professeurs qui n’en auraient pas. En cas de nécessité d’usage du distanciel, nous serons prêts.

Certains élèves, au moment du confinement, ont légèrement «décrochés» scolairement parlant. Y-a-t’il des raisons de craindre cette année des écarts de niveau plus grands entre les élèves ?

S’il y a une certitude, c’est que cette rentrée scolaire ne se passera pas comme les précédentes. Les professeurs le savent, et sont mobilisés pour évaluer les élèves dès la semaine qui va suivre la rentrée, puis pour remédier par la suite aux possibles disparités via des dispositifs déjà bien définis. Je pense à l’aide personnalisée dans les écoles comme dans les collèges, à l’opération «devoirs faits», à l’accompagnement personnalisé dans les lycées… Ce sont des dispositifs qu’il nous faut renforcer et activer sur la base de ces évaluations qui seront prochainement réalisées dans les établissements scolaires du département.

Que diriez-vous aux parents et aux professeurs qui s’inquiètent pour la rentrée ?

Je leur dirais avant tout d’être le plus prudent possible, et de respecter les règles qui s’imposent à tout citoyen aujourd’hui. Il faut que les élèves, comme les
adultes, prennent l’habitude de se laver les mains à
échéances régulières, de porter le masque… Si tous nous nous mobilisons pour respecter ces mesures de précaution, cela devrait nous permettre de vivre en toute sécurité le premier semestre de l’année scolaire à venir, en espérant que l’épidémie rapidement s’éteigne : c’est le vœu qu’aujourd’hui nous partageons tous, partout dans le monde, je crois…

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