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Secourir en montagne

La montagne n’est pas un parc de loisirs mais un milieu spécifique offrant la possibilité de pratiquer des activités variées. 24h/24, les équipes de secours en montagne interviennent en cas d’accident, déployant des moyens adaptés dans une maîtrise totale.

En France, le secours en montagne est assuré essentiellement par trois organismes publics : les gendarmes des Pelotons de Gendarmerie de Haute Montagne, les policiers des Compagnies Républicaines de Sécurité en Montagne, les sapeurs- pompiers. Il existe deux CRS montagne, la CRS « Alpes » située à Grenoble, la CRS « Pyrénées » située à Lannemezan. Aux commandes le Capitaine Julien Passeron, chef de la CRS Pyrénées.

Comment s’organise le Secours en montagne dans les Hautes- Pyrénées ? 

Capitaine Julien Passeron : en France, le Secours en montagne est organisé selon des plans d’intervention départementaux. Dans les Hautes-Pyrénées, la CRS du Secours en montagne et les gendarmes du PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) sont les deux corps spécialisés : le PGHM les semaines paires, la CRS les semaines impaires. On dit alors que nous sommes en première ou en seconde alerte. La première alerte démarre du lundi 10h au lundi suivant à la même heure, 24h/24 pendant une semaine. En seconde alerte on peut faire de l’entraînement, mais on peut également renforcer l’organisme de première alerte quand il y a besoin d’effectifs, le cas le plus classique étant la recherche de personnes, les avalanches. Dans ce cas, l’organisme de seconde alerte se place sous le commandement de l’organisme de première alerte.

Quels sont vos effectifs ? 

Nous sommes 50 intervenants dans le département, partagés avec la Haute-Garonne. Nous travaillons avec deux hélicoptères : l’hélicoptère de la gendarmerie basé à Laloubère et l’hélicoptère de la sécurité civile basé à Pau. Il y a deux bases avancées avec 5 personnels, l’une à Gavarnie, l’autre à Saint- Lary Soulan. Une équipe de deux sauveteurs avec le médecin du SMUR est basée à Laloubère, au pied de l’hélicoptère. L’été, l’équipage de l’hélicoptère de la sécurité civile est positionné à Gavarnie, au coeur du massif.

« Nos missions : secourir, prévenir, constater d’éventuelles infractions » 

Le Secours en montagne, une spécificité française ? 

Non, le Secours en montagne repose dans chaque pays sur des corps spécialisés. En France, sa création fait suite au drame de l’affaire Vincendon et Henry, en décembre 1956, qui aboutit à la nécessité de créer un système structuré de secours en montagne. Du fait de son ancienneté, le secours en montagne français possède une expertise, c’est une référence dans de nombreux pays.

Dès lors qu’on se retrouve en difficulté et qu’on appelle le 112, qui répond ? 

L’appel arrive au centre de transmission des alertes des pompiers (CTA). Rapidement, l’opérateur du CTA nous met en relation avec la victime afin de la localiser. Ensuite, il y a une seconde conférence entre la victime, le sauveteur et le médecin du SMUR montagne. Nous recueillons un maximum de renseignements pour préparer l’intervention (comment va-t-on intervenir, à quoi le médecin doit-il s’attendre ?) et l’évacuation vers le centre hospitalier. Il faut savoir que nos interventions sont variées, nous secourons le randonneur qui s’est fait une entorse, comme l’alpiniste bloqué dans une voie d’escalade, le bûcheron victime d’un accident du travail.

Les interventions ont-elles augmenté, les comportements sont-ils plus dangereux ? 

Non, la société est au contraire de plus en plus raisonnable. La population de touristes a augmenté, mais les randonneurs sont informés et empruntent généralement des itinéraires balisés, ils ne prennent pas de risques.

Le 7 juillet, le public pourra visiter le centre de secours de Gavarnie. Est-ce nouveau ? 

Non, nous avons toujours été au contact du public. A Gavarnie, le poste de secours est ouvert au public, ça fait partie du métier de renseigner les pratiquants sur les conditions en montagne. Nous sommes également confrontés au public lors de nos entrainements, ce qui permet d’échanger et de faire passer un message de prévention.

Justement, quel est votre message de prévention ? 

Globalement, ne pas prendre la montagne comme un domaine pur de consommation, faire preuve d’humilité, préparer sa sortie en montagne et savoir renoncer. Dès qu’il n’y a plus de plaisir, c’est mauvais signe ; une bonne sortie en montagne, c’est une sortie qui se fait dans le plaisir. Ressentir une fatigue excessive, commencer à se perdre sont des signes d’alerte qu’il faut savoir entendre avant d’aller à l’accident. Bien souvent, l’accident n’est pas la conséquence d’une grosse imprudence, mais une accumulation de petites erreurs. Enfin, il faut toujours adapter son itinéraire aux conditions. L’hiver dernier il a beaucoup neigé, il reste en ce début d’été des endroits enneigés avec un risque de chute. Dans ce cas soit on est équipé, soit on adapte l’itinéraire à la nature du terrain, qui peut toujours évoluer.

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