

Le premier week-end d’octobre, les 65ERS ont fêté leur 22e anniversaire au tiers-lieu Le Lien, à Ibos. Au menu : graffiti, battle de danse hip-hop, DJ, rap. Thème des graffs : Godzilla !
Au Lien, les monstres sont de sortie. On en croise des grands, des petits, des effrayants, des affreux, des méchants, des énervés… Pas de panique : il s’agit de monstres peints à la bombe. Ils ont beau mesurer plusieurs mètres de haut, ils sont, en théorie, 100 % inoffensifs. C’est du moins ce qu’on espère.
Voici 22 ans que les graffeurs du collectif 65ERS embellissent les Hautes-Pyrénées, l’Hexagone, l’Europe et même le monde entier. On retrouve, pour notre plus grand plaisir, leurs œuvres sur un grand nombre de murs bigourdans. Un peu de couleur dans ce monde de brutes, ça fait du bien, pas vrai ? Régulièrement, ils fêtent l’anniversaire de leur « crew », c’est-à-dire leur collectif, avec des événements festifs destinés à réunir les aficionados du mouvement hip-hop, les curieux et les amateurs d’art pictural. Cette année, c’est au tiers-lieu Le Lien, à Ibos, qu’ils ont fêté leur 22e anniversaire. De nombreux membres de la team étaient présents pour souffler les bougies : Yellow, Heaks, Kone, Oser, Seyar, Mezy, Tome, Toler, Defo, ainsi qu’une fine sélection d’invités.
Comment cet événement s’est-il organisé ? « Ça s’est fait au dernier moment, nous a expliqué Yellow, l’un des membres fondateurs ». Pas moins de 27 graffeurs étaient présents, venus de Paris, Toulouse, Bruxelles, Pau… « J’ai voulu que ça soit une fête du hip-hop, montrer qu’on peut faire des choses gratuites et authentiques qui peuvent faire plaisir à tout le monde ». Yellow a été surpris de l’émulation suscitée par ce rendez-vous : « Les graffeurs sont venus d’un peu partout, le public a répondu présent, des danseurs sont venus de Bayonne, Bordeaux, Tarbes, Lourdes, Pau, Muret, DJ Mao est venu de Bayonne… C’est génial quand ça se passe comme ça ».
L’association locale Dans’6T a soutenu les 65ERS en ramenant du matériel pour que le battle de danse se passe dans les meilleures conditions possibles : « Ils ont ramené le lino, la sono et quelques danseurs. Il y a même eu Dibi, un rappeur de Pau, qui est venu ; il a tenu à faire un freestyle en revenant des Rap Contenders qui se sont tenus la veille à Toulouse. J’adore quand il y a ce genre de surprises ». Avis aux amateurs : les œuvres monumentales qui ont été peintes pendant ces deux jours (certaines ont été achevées après l’événement) sont visibles au Lien.
Sur place, la rédaction du Mag a passé un très bon moment ; on a pu voir les graffeurs en pleine action, l’ambiance était excellente, notamment pendant les battles de danse qui ont réuni des danseurs de tous les âges. Le public était ravi : « On a réussi à ramener pas mal de monde. Pour un événement qui a été organisé 10 jours avant et qui a coûté zéro euro, c’est super. Ça a créé du mouvement, beaucoup d’associations se sont greffées au truc, et ça a donné quelque chose de joyeux et festif autour de la culture hip-hop. La volonté de rassembler des gens fonctionne encore. C’est cool que ça se passe à Tarbes, qu’il y ait quelque chose de vivant, de hip-hop. Ça fait du bien ». Chers 65ERS, le Mag vous souhaite un excellent anniversaire !