

Le Mag prend la direction de la vallée de Batsurguère : aujourd’hui, nous sommes les aventuriers du sarcophage perdu !
À l’entrée du Lavedan, au-dessus d’un joli petit village, la montagne cache un précieux témoignage : une ancienne fabrique de sarcophages qui date du fond des âges. Reportage.
Après avoir récemment revu les trois premiers volets de la saga culte Indiana Jones (le 4e est un navet, on est d’accord), le Mag s’est senti l’âme d’un aventurier des temps modernes. Quand on a entendu dire que nos montagnes recelaient de véritables fabriques de sarcophages, notre sang n’a fait qu’un tour : on a enfilé notre chapeau, notre manteau en cuir, nos bottes, et nous nous sommes lancés à l’assaut des Pyrénées au mépris de tout danger, bien décidés à découvrir des secrets historiques, des mystères mythiques et des trésors antiques.
Soyons honnêtes : l’Histoire avec un grand « H » est loin d’être le point fort de la rédaction du Mag. Pour tout vous dire, on pensait que les sarcophages étaient une spécialité exclusivement égyptienne ; voilà pourquoi on a cru qu’on était sur le point de découvrir des trucs incroyables, par exemple une civilisation perdue, un croisement oublié entre Bigourdans et Égyptiens du passé… On s’est même dit qu’avec un peu de chance, nous descendions nous-mêmes directement des pharaons. Rien que ça ! Sur la route, nous avons demandé à Internet des précisions sur ces fameux sarcophages : en réalité, ces objets funéraires sont vieux comme le monde et sont présents dans de très nombreuses civilisations. Avec un petit pincement au cœur, le Mag s’aperçoit qu’il ne descend probablement pas d’une lignée de pharaons. Tant pis.
Une fois garés à la sortie de Viger, nous nous engageons gaiement sur les sentiers boueux de la vallée de Batsurguère. Il a beaucoup plu ces derniers temps sur le 65, et les sols sont gorgés d’eau ; heureusement que les aventuriers de notre trempe n’ont pas peur de se mouiller les orteils ! La musique légendaire d’Indiana Jones tournant en boucle dans notre tête, nous avançons vaillamment ; autour de nous, nous voyons le Béout, le Pibeste, le Pic d’Alian… Tels des archéologistes zélés, nous visitons quelques granges abandonnées, simples amas de pierres qui témoignent des temps anciens. Nous notons consciencieusement nos impressions dans notre carnet, pendant que Yannick immortalise ces moments grâce à son fidèle appareil photo ; décidément, nous formons une équipe des plus efficaces. Continuons comme ça. On tient le bon bout.
Nous découvrons une très belle vue sur le Pic du Jer, sur les communes d’Ossen, Omex, Ségus, ainsi que sur la cité mariale qui, à vol d’oiseau, est toute proche de nous. Un peu plus loin, surprise : voilà des chevaux ! Nous regrettons d’avoir oublié de prendre notre fouet : nous aurions pu, comme « Indy », les dompter en un tour de main, puis grimper sur leur dos pour cavaler à tombeau ouvert vers nos fameux sarcophages. On peut rêver, non ? Soudain, le sol est si trempé qu’on se croirait en plein marécage, un peu comme dans Indiana Jones et le Temple Maudit… Quelle aventure !
Nous voilà enfin arrivés, et c’est très impressionnant : à l’époque mérovingienne (entre le Ve et le VIIIe siècle), les sarcophages étaient directement prélevés ici, à flanc de montagne, dans le caillou. Les blocs étaient découpés grâce à des techniques précises, avec pour simples outils un pic, une masse et un rondin de bois. Ils étaient ensuite transportés jusqu’au village avec des cordes et des rondins, où ils étaient travaillés, évidés et taillés pour être transformés en objets funéraires. Figurez-vous que ce site n’a été découvert qu’en 1985, et qu’il s’agit de l’un des plus grands groupements de carrières de sarcophages de France. La classe ! Bilan de la journée : nous n’avons découvert aucun trésor caché, aucun temple perdu, mais nous avons fait une bonne petite balade de quelques heures, facile et très agréable. Visiter de tels sites historiques est toujours enrichissant : ça a le don de nous remettre à notre place, et de nous rappeler que face au temps, face à l’histoire et à l’univers, nous sommes de simples grains de sable. D’ailleurs, cela n’a rien d’amoindrissant : ensemble, les grains de sable ne forment-ils pas les plus belles plages du monde ? Y a pas à dire : Indy serait fier de nous !