

Il s’en passe, des choses, dans les balades du Mag ! Aujourd’hui, on part visiter nos amis les cerfs sur les hauteurs de Payolle. Ne soyez pas jaloux, lecteurs : on vous emmène avec nous, bien sûr !
Aujourd’hui, on a du bol : le soleil, rond comme un tournesol, inonde aussi bien les bestioles au sol que les oiseaux en plein vol. Parole : on en a ras le bol de la ville, agitée comme une mégapole où tout le monde s’affole ! Qu’à cela ne tienne : avalons le fond de café de la casserole, chaussons nos groles, mettons un peu de pétrole dans la bagnole (ouch ! les prix dansent la carmagnole !) et décollons sans protocole en direction des cols au-dessus de Payolle. Le paysage est aussi beau que dans un film de Pagnol ; on est de bonne humeur, on rigole, on sifflote comme des rossignols : allons se défouler les guiboles !
Une fois garés au parking des IV Véziaux, nous empruntons le chemin des Esclozes, et voilà que nous passons devant le courtaou d’Artigussy. Un courtaou, c’est un petit ensemble de granges ou de cabanes utilisées autrefois (et parfois encore aujourd’hui) par les bergers, pendant les estives. À Artigussy, une seule cabane subsiste, fièrement dressée au milieu des ruines. Eh oui : le temps passe… Vous aussi, lecteurs bien-aimés, vous ne faites que passer ici-bas, tout comme le Mag, tout comme les courtaous : on vient de la poussière, et on y retournera tôt ou tard. Même le beau papier glacé de votre magazine préféré sera, un jour ou l’autre, revenu à la poussière… Du coup, tâchons d’y écrire de belles choses tant qu’on en a encore le temps. Allez, refermons cette parenthèse légèrement nostalgique sur les bords, et avançons.
À deux pas des ruines d’Artigussy, il y a de nombreux leytés. Les leytés, ce sont des genres de frigos ancestraux, des petits garde-mangers en pierre construits au-dessus d’un cours d’eau ; ils permettaient, grâce à la fraîcheur de l’eau, de conserver le lait et le beurre. Et tout ça, sans électricité ! Balèzes, les ancêtres ! Poursuivons notre balade en longeant la Gaoube, ce petit cours d’eau qui saura nous mener à bon port. Au loin, le Pic du Midi nous surveille avec sa grande antenne. À quelques encablures, on aperçoit les Esclozes (le Mag est déjà allé là-bas, les fidèles lecteurs s’en souviennent comme si c’était hier) : c’était jadis un courtaou de taille tout à fait respectable, ce qui lui a valu le surnom de « village abandonné ». Depuis, une association a retapé plusieurs cabanes, pour le plus grand bonheur des randonneurs pleins d’ardeur.
Nous voici sur les pentes de l’Arcouade : 1620 mètres d’altitude, tout de même ! L’endroit rêvé pour un casse-croûte suivi d’une p’tite sieste au soleil, loin du bruit de la ville… Le soleil n’est pas trop chaud, le vent n’est pas trop froid, le silence n’est pas trop bruyant… le pied total. En plus, les premières fleurs printanières sont sorties nous dire bonjour : des dents de chien, des jonquilles ! Bonheur ! Couleurs ! Merci, nature de mon cœur !… Allez, cessons de dire des bêtises : le roupillon est fini, on remet les sacs sur les épaules et on reprend la marche.
Teh ! Il y a de la neige au sol. D’abord un peu par-ci, puis un peu par-là, puis de plus en plus. Nous descendons quelques kilomètres, et en arrivant sur le Pla de Castet (1370 m), une surprise nous attend : des cerfs ! Une famille entière ! Et une grande famille : un mâle splendide avec des bois superbes et majestueux, plusieurs femelles, et toute une tripotée de jeunes individus. En tout, ils sont une bonne vingtaine ! Ils nous ont entendus arriver bien avant qu’on ne les aperçoive, mais ils n’ont pas détalé pour autant : ils savent qu’on est sympas, on n’a pas de fusil, seul Yannick les vise et les re-vise, mais c’est uniquement avec son appareil photo. Ils sont sur leurs gardes, ils nous regardent sans bouger, c’est un très beau moment. Ah ! qu’on a du bol, de pouvoir se promener dans de si belles montagnes !
Allez, c’est pas tout ça, mais on a un magazine à écrire. Redescendons. Pour retourner au parking, on fait une boucle, et la surprise, c’est la neige : y en a pas mal, heureusement qu’on est prudents ! Faites comme nous, lecteurs intrépides : rappelez-vous que la montagne est un environnement hostile, et qu’il faut toujours, toujours être attentif. De retour au bercail, les mollets tirent un peu : c’est normal, on a tout de même marché 10 km, avec 520 m de dénivelé. Nous nous endormons en nous posant une question pour le moins existentielle : avec de telles cornes, comment font les cerfs pour enfiler leur bonnet, lorsqu’ils ont froid aux oreilles ? Bonne nuit !