Croix de Béliou : La vraie-fausse croix

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VIGNETTE 08 P22 346 EN VADROUILLE

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Bon, c’est quoi, cette histoire de « Croix de Béliou » ? Depuis le temps qu’on entend parler de cette curiosité, il fallait bien qu’on se décide à y aller un de ces quatre. Let’s go.

En ces temps de rentrée, le Mag vous propose une petite rando sur les hauteurs de Bagnères-de–Bigorre. Promis, on y va en douceur : c’est la reprise, donc on va gentiment remettre la machine en route, sans faire de folies.

Rando de rentrée

Chers amis lecteurs, on sait très bien ce que vous êtes en train de vous dire : « Pff, c’est la rentrée, j’ai pas envie d’aller bosser… Si seulement mon magazine préféré pouvait me proposer une p’tite balade à la cool ! ». Haut les cœurs : on vous emmène faire une balade sympa, vite fait bien fait, pas trop fatiguante, avec des paysages splendides, des forêts, des plaines, des vues imprenables, et une petite touche culturelle pour parfaire le tout. Alors ? Heureux ?

Suivez le guide

Pour se rendre à la Croix de Béliou, rien de plus simple : après Bagnères-de-Bigorre (Bag 2 Big pour les intimes), on suit Baudéan, Aoulé, puis on tourne sur la droite à la sortie de La Vialette, au niveau de la croix. On laisse la voiture au col du Courret, on lui demande gentiment de nous attendre là, on lui explique qu’on n’en a pas pour longtemps, et on prend la piste forestière le cœur léger. Ça monte un peu au début, mais c’est normal : on est en montagne, pas sur le littoral ! Commencez pas à râler, la journée démarre à peine !

En terre inconnue

Nous voilà avançant dans la forêt, discutant comme à notre habitude avec toutes les bébêtes qui passent à notre portée : mouches, écureuils, mésanges, grenouilles… Elles sont toutes accueillantes et plutôt sympas, et aucune d’entre elles ne cherche à nous prendre la tête : ça change de la ville, pas vrai ? Ce qui est bien, c’est que le chemin est parfaitement marqué ; on ne risque pas de se perdre, et ceux qui nous connaissent savent que ce n’est pas du luxe : on est tellement habitués à tailler le bout de gras avec les papillons qu’on a vite fait de sortir des sentiers battus, et de s’égarer plus ou moins. Merci de ne pas suivre cet exemple déplorable.

Le panneau ne ment jamais

Alors qu’on chemine en forêt, on laisse la piste principale et on bifurque gentiment sur la gauche en direction de la Croix de Béliou. Pas de panique, c’est indiqué ! Un panneau est là pour nous montrer la marche à suivre. Ah, si seulement il pouvait en être de même à chaque fois qu’un choix important s’impose à nous ! Dois-je aller travailler, ou partir me promener ? Hop, un panneau ! Dois-je déménager ? Hop, nouveau panneau ! Dois-je changer de job, adopter un chien, m’inscrire au tennis ou au ping-pong ? Panneau, panneau, panneau ! Ça serait vach’ment pratique… Tout ce qu’on aurait à faire, c’est se laisser guider, tout en évitant… de tomber dans le panneau. Ah ah ah.

La reprise du mollet

Voici que nous débouchons à présent sur une plaine, et la vue s’élargit. Au loin, plusieurs sommets : Casque du Lhéris, Signal de Bassia… Heureusement que notre ami Yannick est là pour nous dire qui est qui, car la rédaction de votre magazine favori est nulle en reconnaissance de sommets. Oh, ça va, hein ! Chacun son talent, non ? Une fois sur le col, on prend un petit sentier très bien tracé, qui ne monte que très légèrement : il est presque plat, ce qui est idéal pour nos mollets de septembre qui ont passé l’été à bronzer sur un transat. Teh ! Adiou, les brebis ! Voici enfin un gros tas de caillou : à son sommet, on distingue la Croix de Béliou. Enfin… la fausse Croix.

Croix à double face

Car voici la subtilité : en réalité, cette croix est une copie. La vraie Croix de Béliou est conservée sous le porche de l’église de Lesponne, où l’on peut la contempler sous toutes ses coutures derrière sa vitre de protection, grâce à un mécanisme qui lui permet de tourner. La fausse croix, elle, semble un peu cassée ; quant à la vraie, figurez-vous qu’elle n’est pas née de la dernière pluie : sur l’une de ses faces, le visage d’un certain Aabélios, considéré comme le dieu du soleil, a été gravé au Ier siècle. De l’autre côté apparaît un Christ, taillé au XIVe siècle. Selon la légende, cette croix fut installée à l’endroit où repose un pâtre bigourdan nommé Milharis. Et voilà : vous savez tout, lecteurs curieux ! Ah, non, j’ai oublié de vous donner les chiffres : vous mettrez environ 2h30 pour faire l’aller-retour jusqu’à la Croix, avec un petit 350 m de dénivelé. Bonne balade !