Crêtes de Culentous : Mission : SOS Brebis

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VIGNETTE 06 P24 350 EN VADROUILLE

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« Votre mission, si vous l’acceptez, est d’aller chercher les brebis éparpillées dans la montagne, les trier, les soigner, et redescendre celles qui sont pleines. » Mission acceptée ! Go, go, go !

Est-ce que la rédaction de votre Mag préféré va se reconvertir en berger des Pyrénées ? Allez savoir.

Impertinence canine

La balade commence au col de Couret, au-dessus de Bagnères-­de-Bigorre. En moins d’une minute, on est dans l’ambiance : ça grimpe sec, il faut faire gaffe où l’on met les pieds, et ne pas aller trop vite afin d’économiser nos forces. On avance prudemment dans la forêt ; seul le chien court dans tous les sens comme un p’tit foufou : il profite d’avoir quatre pattes pour nous narguer, il se moque ouvertement de notre grand corps tordu qui passe ses journées plié en quatre devant un écran d’ordi. Ah ! quelle impertinence ! Heureusement que ce chien est gentil comme tout, sinon on pourrait bien se vexer, faire demi-tour et rentrer bouder à la maison.

To go or not to go

Nous voici sortis du bois, mais pas pour autant sortis de l’auberge : il faut grimper encore, en passant par des petits chemins pentus, pleins de fougères piquantes qui éraflent nos beaux mollets fragiles. On progresse vers les crêtes de Culentous, que l’on voit se détacher à l’horizon. Une question s’impose : va-t-on vraiment marcher sur ces crêtes bordées de falaises ? Notre amie bergère nous répond : « oui oui, et il faudra faire gaffe de ne pas tomber, sinon… bye bye ». Hein ? Comment ça, « bye bye » ? Mais ça va pas, la tête ? La rédaction s’interroge : on continue, ou on repart vers le parking en pleurnichant ? De toute façon, on n’a pas le choix : notre sens de l’orientation est proche de la nullité absolue, donc pour ne pas se perdre lamentablement dans la montagne, on est obligé de suivre le mouvement. Snif.

Funambules des Pyrénées

Après une bonne heure de crapahutage, nous voici sur les crêtes, et franchement, on n’en mène pas large. C’est n’importe quoi : il suffirait qu’on se torde un peu le pied, qu’on perde un peu l’équilibre, et patatrac, on se retrouverait en pièces détachées plusieurs centaines de mètres plus bas. Sueurs froides. Le chien, lui, s’en fiche : il avance gaiement, même pas peur, il continue de faire le pitre avec ses pattes tout-terrains. On dirait un 4×4 !… Après quelques minutes qui nous ont semblé une éternité, les crêtes sont enfin derrière nous. À présent, il faut parquer les brebis dans un petit enclos pour les compter, soigner les malades, et isoler celles qui ont un petit agneau dans le ventre. Ces dernières redescendront avec nous jusqu’à la bergerie. Mais avant tout, il faut les regrouper, et vu qu’elles sont éparpillées dans la montagne, ce n’est pas une mince affaire.

Chien-sac à dos

Le chien joue un rôle précieux : il va chercher les bêtes, les dirige, les mène, les guide… Quel boulot ! Et puis au bout de plusieurs heures, il se couche. Viens, gentil toutou ! Non. Il ne vient pas. Ben alors ? Qu’est-ce qu’il a ? Il est épuisé. Ce grand couillon n’a pas voulu manger hier soir, il était trop énervé, et après avoir couru partout dans la montagne, il est à bout de forces. Allez, viens, gros toutou ! Non. Il n’en peut plus et refuse de bouger. On fait comment ? On ne va pas le laisser là, quand même ? Dans un geste héroïque, votre rédacteur favori le charge sur ses épaules musclées comme un gros sac à dos poilu, et le ramène jusqu’à l’enclos des brebis. La photo ci-contre témoigne de cet exploit surhumain. Si un lecteur veut peindre un tableau grandiose de cet épisode digne des grandes épopées antiques, qu’il ne se gêne pas. Ça serait la moindre des choses.

Recalés à l’examen

Nous y sommes : les brebis pleines, reconnaissables à leur pis volumineux, sont prêtes à redescendre avec nous. Les autres, relâchées dans la montagne, seront bientôt ramenées à leur tour à la bergerie pour passer l’hiver au chaud. Après s’être reposé et avoir mangé un peu de sauciflard, le chien est de nouveau sur ses papattes. En route, joyeuse troupe !… À l’arrivée au parking, on n’en peut plus : la rédac’ est rincée, fatiguée, exténuée, éclatée. La bergère, nous voyant en si piteux état, nous donne la permission de rentrer nous reposer pendant qu’elle se tapera la fin du travail toute seule… Ah, ce n’est pas encore demain qu’on décrochera notre diplôme de berger ! Mais si l’on s’accroche, on y arrivera, car à cœur vaillant, rien d’impossible. Le lendemain, la première chose que nous faisons est de prendre des nouvelles de notre ami le chien : il va bien, merci pour lui ! À la prochaine !