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  • Bigorre Mag

Hélios Latchoumanaya : Un champion sur ses terres !

Cela doit être dit, répété, même chanté – pourquoi pas (?) : la délégation des athlètes français a, aux Jeux Paralympiques de Tokyo, réalisé une extraordinaire moisson de médailles, 54 médailles en tout quand elle en escomptait 35. Dans le rang des champions de Tokyo qui ont tout pour nous rendre fiers : un judoka né à Tarbes, Hélios Latchoumanaya, tirant chez les moins de 90 kg en catégorie B3 (mal-voyant avec une acuité visuelle de 2/60 jusqu’à 6/60), s’imposant du haut de ses 21 ans comme un cador de sa discipline au niveau mondial.

Le jeune homme revient du Japon avec une médaille de bronze, lui qui ambitionnait « toucher » le métal le plus noble : la faute à une petite erreur en demi-finale face à Vahid Nouri, l’Iranien qui finalement emportera la compétition. Qu’importe : Hélios est jeune, et les Jeux de Tokyo ne sont certainement pas les derniers auxquels il participe. Déjà de retour sur les tatamis de l’INSEP où il s’entraîne quotidiennement, son nouvel objectif, il ne s’en cache pas : c’est Paris 2024.

De passage à Tarbes

Car il en veut, Hélios, bien que cela ne l’ait pas empêché de prendre, à l’issue de la compétition tokyoïte, un peu de vacances, et qu’il ait pu profiter de celles-ci pour faire un crochet par Tarbes, afin d’y venir saluer sa famille, ses amis et ses premiers entraîneurs. Il aurait été dommage que les jeunes judokas du département ne puissent bénéficier de son passage pour le voir : on organisa donc un entraînement à la Maison des Arts Martiaux de Tarbes pour donner aux plus courageux l’opportunité de combattre avec lui, et tirer peut-être de cette rencontre les « recettes » qui leur permettront de devenir, à leur tour, des champions.

Objectif Paris

Ce passage sur les terres qui le virent faire « ses premières armes » en judo, il fut également l’occasion, pour la presse locale (dont nous étions), de recueillir les impressions d’Hélios sur sa dernière performance : s’en estimant « satisfait », le jeune combattant reconnaît aussi qu’il conserve encore des marges de progression. « Il y a encore quelques points à bosser, alors on va retourner à l’entraînement et on va bosser, pour être le meilleur à Paris en 2024, et là gagner, sans aucun doute. »

Retour sur Tokyo

Mais qu’en est-il des Jeux Paralympiques juste achevés, et de l’expérience qu’il en a tirée ? « Les Jeux, c’est une compétition à part : d’habitude, en compétition, on ne se retrouve qu’entre athlètes de la même discipline, aux Jeux, on rencontre tout le monde, des athlètes de tous les sports, et on fait de belles découvertes… »
Assez bien relayés par la presse cette année, et notamment par France Télévision, les Jeux Paralympiques ont sérieusement gagné en visibilité, et les athlètes qui y ont concouru également. « Il est certain qu’une médaille aux Jeux, c’est une belle mise en lumière. C’est une mise en lumière par rapport au public, par rapport aux partenariats, et puis ça fait du bien au compte en banque ! » Cette année, et pour la première fois, les récompenses offertes aux médaillés paralympiques étaient les mêmes que celles offertes aux médaillés olympiques. Il était temps ! Hélios, pour autant, reste prudent quant à l’engouement constaté vis-à-vis des Jeux Paralympiques : « C’est la première fois qu’on a une couverture médiatique si importante, j’espère que celle-ci va se maintenir, que ça va continuer après les Jeux de Paris, et que ce n’est pas «  tout beau, tout joli  » jusqu’à Paris, pour retomber ensuite… »

Double-récompense

En attendant, Hélios profite : ainsi que le rappelle Thierry Aumage, directeur académique du département présent lors de la venue du champion, ce n’est pas une médaille mais deux dont peut se prévaloir Hélios Latchoumanaya, la distinction de l’Ordre du Mérite lui ayant été remise à l’Élysée début septembre dernier. Si la reconnaissance est grande, elle vient rendre hommage à un travail acharné : des débuts au Stadoceste Tarbais Pyrénées Arts Martiaux, il y a eu les Pôles Espoir de Toulouse et Bordeaux, avant l’entrée à l’INSEP, où Hélios, au côté des « valides», s’entraîne quotidiennement avec les meilleurs judokas français dont il fait lui-même désormais partie. « Quand j’y suis arrivé, j’étais jeune [ndlr : il était encore Junior] : je me suis bien fait casser la gueule pendant un petit moment » rigole l’athlète.

Tac-au-tac

De bonne humeur et de traits d’humour, le judoka ne manque pas. Quand un de nos confrères lui demande ce que lui ont apporté les Jeux de Tokyo, le champion répond du tac-au-tac : « Déjà pas mal de nouveaux abonnés sur Instagram ! » ; et quand on lui fait remarquer qu’il est un exemple pour la jeunesse, il rappelle, toujours sur le ton de l’humour, qu’il y a eu 54 médaillés aux Jeux Paralympiques, et que la jeunesse aurait peut-être tout intérêt à aller chercher ses exemples chez les 53 autres que lui ! Mais blague à part : exemplaire, Hélios l’est. On envisagera qu’il puisse l’être en offrant un modèle, pour une part, aux handisportifs reconnaissant chez lui la possibilité de surmonter brillamment leur handicap, on reconnaîtra surtout qu’il l’est par son acharnement à devenir le meilleur dans son sport, et à proposer à son public, hors de superbes qualités humaines, un bien beau judo. Vivement Paris, et vivement l’or !

Suivre Hélios sur :
Instagram : @helios_ltc

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