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  • Bigorre Mag - Béarn Mag

PARLONS VRAI : On nous cache tout, on nous dit rien !

Que la parole publique soit mise en doute, ce n’est pas une nouveauté. Dutronc le suggérait en 66, d’autres le faisaient bien avant ; mais le fait est que les temps récents lui ont encore mis du plomb dans l’aile…

Il faut dire qu’avec l’avènement d’internet, n’importe qui aujourd’hui peut produire de « l’info », et, surtout, donner à celle-ci de la visibilité. Les sites de « fake news » sont désormais légions, et la presse « officielle » est consciente de cette nouvelle concurrence, la preuve en est de la multiplication des rubriques de « fact-checking » dans ses colonnes.

Comment en est-on arrivé là ? On l’a dit : le web est, de ce point de vue, l’avatar moderne de la boîte de Pandorre, mais il y a sans doute d’autres raisons à l’œuvre. Et l’une d’entre elles, qui n’est pas des moindre, c’est l’idée que se fait le politique de la manière dont il doit communiquer avec le peuple qui l’a élu.

Les circonlocutions autour du troisième confinement, l’épisode des masques (« inutiles » avant de devenir « nécessaires »), et, surtout, l’absence totale de la phrase « oui, on s’est trompé » dans les discours gouvernementaux, cela relève d’un même défaut originel : l’incapacité à reconnaître que l’on est un peu perdu face à une situation à propos de laquelle l’on suppute beaucoup et l’on ne sait que peu. Et pourtant : il est NORMAL d’être perdu face à l’inconnu. Ce qui n’est pas NORMAL, en revanche, c’est de ne pas dire qu’on l’est.

Politiques, ouvrez-vous aux citoyens. Vous êtes inquiets ? C’est NORMAL. Vous vous sentez démunis ? C’est NORMAL. Vous êtes frustrés que votre rôle se limite aujourd’hui à faire en sorte que rien ne s’effondre ? C’est NORMAL. Et puisque tout cela est NORMAL, il nous semble que le monde est prêt à l’entendre. Libérons la parole vraie (!) : c’est l’unique moyen de lutter contre la parole fausse qui aujourd’hui fleurit dans le camp de ceux que l’on tente de déprécier en les qualifiant de « complotistes », et qui commencent à reprendre ce titre à leur compte en s’en faisant gloire, non en en ayant honte…

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